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La programmation : une forme de poésie ?
David 'jhave' Johnston
(Translated from English by Araya-Yohannes Bekele)


 Moderators: Olivier Foury, Gloria Origgi
 

Les modèles organiques de la conscience sont comparables à des vagues. Les choses arrivent à maturité, se contrebalancent, atteignent leur point culminant et enfin disparaissent. Il y a une fluidité provoquée par le changement continu ; et de ces hésitations naissent les sources du désir (en distinguant ceux qui sont mûrs, de ce qui s'estompent ou de ceux qui ont disparus). Ce sont ces rythmes organiques, ces subtilités que l'art fait fructifier et tire parti…

Les modèles mécaniques suggèrent une efficacité continue ; un niveau de performances mesurable de la production du départ jusqu'à la fin, quand, quelque part, quelque chose (un morceau, une pièce) échoue ou se brise. Les machines sont modulaires. Les pièces défaillantes peuvent être remplacées. Elles n'en souffrent pas (pas encore); du moins si nous considérons que les machines intelligentes sont dépourvues de ressenti.

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Les nombres et les lignes ont beaucoup de charmes invisibles aux yeux des non-avertis, et sont seulement découverts par les connaisseurs patients et respectueux de l'art.
************************************************/
(E De Joncourt's 1762 quarto, On the Nature and Notable Use of the most Simple Trigonal Numbers cité dans Babbage, Charles, Passages from the Life of a Philosopher, p. 54)

main() {

Pendant des siècles, la démarcation entre les arts et la science a été généralement sacrée. Des stéréotypes idéologiquement distincts se sont développés pour éviter une confusion entre les deux camps. Le scientifique est le cerveau gauche, ordonné, soigné, parfait, patriotique, raisonnable et logique. Ses cheveux sont courts ; son comportement vif. L'artiste est passionné, intense, inspiré, émotif, non linéaire, révolutionnaire et souvent fou. Ses cheveux sont excentriques ; son attitude sauvage. En réalité, ces antagonismes s'estompent parfois à la lueur d'une analyse minutieuse. Les disciplines telles que la programmation sont supposées être froides, rigides, sérieusement analytiques et antithétiques aux mondes symboliques, ambigus, poignants, souvent excessifs de la poésie. D'une certaine manière, c'est vrai : chaque discipline a des traits prédominants. Pourtant de très grandes affinités existent entre la poésie et la programmation. Toutes les deux sont basées sur un langage, hantées par la concision, en évolution constante, modelées sur la conscience et sont impénétrables par le candide (imaginez James Joyce entrain de lire C++). Chacune utilise un langage entraînant des sauts et des boucles (itérations) ; elles exigent une très grande concentration qui s'appuie finalement sur le raisonnement tout en faisant appel à l'intuition ; enfin, elles partagent étroitement l'objectif de retranscrire avec précision des réalités complexes. Cependant, dans le monde contemporain, le nombre de langages humains diminue, alors que les langages de programmation prolifèrent. Pour les gens qui sont attirés par la manipulation de la langue, l'enjeu est de s'orienter vers des disciplines innovantes, hyper-entropiques, et effrayantes afin de créer un code machine. Les poèmes humains sont aux courriers électroniques ou aux listes de fichiers ce que les poèmes d'ordinateur sont aux compilateurs et à l'unité centrale. En intégrant l'imagination éthique dans le code, une nouvelle génération de poètes programmeurs est en train de donner naissance à des formes hybrides qui dépassent de loin les dichotomies anciennes.

Afin d'examiner de façon pertinente si la programmation a un lien de parenté avec la poésie, il est prudent de s'interroger au préalable sur deux questions : Qu'est-ce que la poésie ? Qu'est-ce-ce que la programmation ? Supposez que (pour le moment) nous lisons à haute voix un poème qui figure sur une page ou un écran. Chaque mot évoque un bruit et un sens. Il y a un élément visuel externe : comment la poésie paraît-elle ? Il y a un composant sonore : comment la poésie retentit-elle ? Il y a un composant visuel interne : quelles images évoque-t-il ? Il y a un composant intellectuel : est-il bien construit ? Quelles idées ou quels concepts traite-t-il ? Il y a un élément sensible (un sens viscéral tactile): la poésie est-elle vraie ? Comment touche-t-elle sa cible ? Et puis il y a une synergie globalisante tous ces éléments qui se combinent mystérieusement pour créer une présence, une énergie, une réalité vivante. En bref, il y a un nombre infini de niveaux et de processus sensoriels impliqués dans la réalisation d'une expérience qui s'appellera la " poétique ".

Ces mêmes processus et niveaux sont-ils invoqués dans la programmation ou sont-ils inhérents à cette dernière ? Évidemment, une série de distinctions pourrait être faite (c.-à-d. où est le composant auditif pour programmer le code ?). Néanmoins, ce qui persiste est à l'évidence que ces deux disciplines sont en relation parfaite avec des langages systématisés et symboliques, considérés par leurs praticiens capables de représenter la vérité, la beauté, la conscience, et même l'amour. Par exemple, en programmant une tâche automatisée telle qu'un lecteur de textes pour aveugles, il est possible de parler de l'altruisme comme un aspect de motivation de la programmation. Fondamentalement, ce qui distingue la poésie et la programmation d'autres disciplines littéraires, c'est leur regard mutuel sur le mot comme un talisman capable d'être un réservoir pour la conscience. Dans la poésie, cette conscience est subtile et charismatique ; en programmation, elle est explicite et binaire. En programmation, cette foi audacieuse dans les mots est évidemment manifeste du fait chaque programme fonctionnel est une émulation de pensée qui par l'intégration dans un appareil manipule la matière. En outre, la nécessité d'évoquer l'identité à partir de l'inexistant est central à la programmation ; l'intelligence digitale surgit du néant ; elle a émergé de l'inimaginable ; c'est un produit volatil de l'imagination sévère et de la volonté. Comme l'a indiqué Kenneth Patchen, un poète pionnier du début du vingtième siècle, visionnaire du concret, dans son travail intitulé Sleepers Awake [1], "l'art ne doit pas réfléchir la lumière, mais doit être une lumière…." (Patchen 268). Vue sous cet angle, la poésie et la programmation sont des activités consacrées à dissoudre n'importe quel résidu de notre foi (propre à l'espèce humaine) dans notre existence comme le seul dépôt pour la conscience.

En temps que programmeur radical, Netochka Nezvanov (a.k.a. Antiorp) a écrit en ligne sur son site http://www.m9ndfukc.org/korporat/=cw4t7abs.3nkod0r..0+2.html :

Au début de la civilisation, la pensée humaine était la seule ressource disponible pour traiter l'information. Aujourd'hui, la capacité de traitement de l'information est un trillion de fois plus grande grâce aux progrès faits dans le domaine de l'électronique. Ces circuits électroniques ne nécessitent pas les variables simples que le cerveau humain affectionne - pour eux, la complexité du monde réel est aussi représentable que la sphère artificielle pour le géomètre ou le tore pour l'analyste. Ils sont capables d'aller là où la pensée toute seule ne parvient pas en utilisant les nouveaux algorithmes [2] qui simulent l'évolution.

Au début des années 90, Antiorp était connue pour avoir attaquer les listes de diffusion avec des poèmes en ASCII. Dans certains de ses messages les moins acceptables par les listes de diffusion, Antiorp a utilisé un modèle qui a incité un commentateur à la comparer à la poésie sonore qui résonne mal de Karl Schwitters (exemple : "Ursonate"). Elle efface souvent par plaisanterie des lettres aléatoires et les substitue avec des symboles (typiquement un 'y 'sera substitué par un " ! ") ; ou le code ASCII de la lettre peut être substitué, ou le mot est condensé, ou encore 'k 'est utilisé à la place de 'c '('korporate'). Les mécanismes entropiques de découpages de morphèmes dans son style idiosyncrasique sont toujours étonnants. Les ruptures dans la structure conventionnelle du langage s'organisent en spirales très serrées selon une progression paradoxale non linéaire [3]. Ce serait plus facile si le contenu n'était pas aussi souvent contaminés par des questions de genre, de technologie, d'industries militaires et de corruption. Idéologiquement perverse par son adhésion fanatique à une fluidité qui défie l'assimilation, la lecture de certaines des tirades entremêlées en ASCII d'Antiorp doit être appréhendée de manière telle que le langage sollicitent des centres nerveux de niveaux inférieurs à ceux de la conscience normative.

Les signaux et les courants du cerveau et du cœur, comparables aux bits et aux flots d'octets dans le corps, qui souvent peuvent sembler, à notre identité consciente, dépourvus de sens et hallucinants, ont été historiquement un carburant riche pour des poètes. À l'époque où Duchamp a introduit une toilette dans une galerie, Hugo Ball et un Kurt Schwitters ont présenté des grognements, des grondements, des jappements, et des sons gutturaux des langages imaginaires au cabaret Voltaire lors de leurs représentations poétiques. Les manipulations des éléments graphiques ont suivi, -- la page a évolué vers des horizons foisonnants et féconds. Par la suite sous la pression humorale, déconstructiviste et contorsionniste du postmodernisme, la poésie est devenue celle que nous appelons aujourd'hui " la poésie ". Dans cette atmosphère expansionniste, au milieu des années 80, Ray Kurzweil (un programmeur renommé dans le développement de logiciels de reconnaissance de la parole, et du premier scanner CCD à plat, etc.) a lancé Cybernetic Poet, un programme de modélisation mathématique informatisé qui émule une diversité de styles poétiques de façon à générer spontanément de nouvelles créations. En particulier, il se positionne à la limite d'un nouveau domaine de création où la collaboration devient analogue au déclenchement d'une forme génétiquement déterminée d'un processus programmé (logiciel) qui développe alors le travail indépendamment de son créateur. Ce mouvement perpétuel aurait enchanté des théoriciens de la Renaissance. Ce type de logiciel constitue une des caractéristiques du monde prometteur de l'Intelligence Artificielle qui continue à progresser et qui remplacera probablement bientôt la faculté créatrice de tous les humains.

Le jeu verbal d'Antiorp sur les listes de diffusion est clairement une dérive évolutive de la poésie concrète plus traditionnelle et humaine. Elles font résonance à B.P. Nichol ou au " Wind " [4] par Eugene Gomringer (source : http://www.webdelsol.com/Perihelion/p-theory.htm). La transformation du contexte de telle sorte que les mots demandent un effort pour être décodés à la fois en tant qu'éléments visuels et que signifiants est la contribution primordiale apportée par l'école de la poésie concrète. Analogue à cette dispersion de la signification immédiate (dans un défi subtil à la satisfaction facile encouragée par les produits des industries du divertissement), le code machine évolue souvent de façons convulsives en rupture avec nos modèles linéaires.

Par exemple, après avoir souscrit à liste de diffusion d'Antiorp's, j'ai reçu un e-mail commençant par :


// =_?
mot!vatd.adapt!v.bhav!our = funda.mentl 2 !ntell!genss
--learn!ng bhav!ourz - 3 parad!gmz (c.note 1)
-s!ngl.st!muluz.prezentat!on
---------------------------------------------------------------------|
-ekzposur. 2 relat!onz among. st!mul!
---------------------------| |
-ekzposur. 2 relat!onz b.tween rezpons.z +
st!mul! | |

Dans un déluge de virtuosité [5], des messages de styles semblables qui s'entrecoupent avec de longs échantillons de son code informatique (combiné occasionnellement à des spasmes amers d'invective politique) ont provoqué son éviction de plusieurs listes de discussion. Elle a accompli le modèle typique de l'artiste maniaque, du babillant obsessionnel, brûlant tellement fort avec l'incandescence d'une inspiration enflammée qui provoque de temps en temps le mécontentement des internautes : elle maintenait chacun éveillé face à un spectre de réalité trop large. Sa progression non linéaire a mis en péril les objectifs privilégiés que les listes de diffusion techniques se sont assignées. A l'évidence, l'interprétation linguistique nous suggère qu'Antiorp semble avoir une connaissance personnelle des états poétiquement extrêmes (un indice précieux dans son exclamation : "- ! juzt forget 2 eat.").

Pourtant la programmation exige également (comme quelques formes de la poésie académique) une très forte démarche logique. Une clarté extrême et une précision absolue sont nécessaires pour perfectionner la syntaxe et pour optimiser son fonctionnement. À cet égard, la dichotomie qui résulte de l'analyse des poètes faite par Nietzsche en termes de " courants apollonien et dionysien " doit s'incarner dans le programmeur créatif, qui doit faire une synthèse entre la ferveur imaginative et la rigueur logique. La qualité et l'ampleur de beaucoup de programmation sont une preuve définitive de l'efficacité de ce carburant synergique : imagination abstraite exploratoire et analyse rigoureuse menant à la clarté de la pratique.

Une analyse sur la programmation au début des années 60 "a démontré que tous les programmes pourraient être écrits en utilisant uniquement trois structures de commande" (Deitel & Deitel 61) D'abord, la structure de séquence : la ligne suivante du code est lue après la ligne précédente suivant un ordre séquentiel, mot par mot, ligne par ligne comme nous procédons pour lire cette page. En second lieu, la structure de la sélection : un choix est fait ; par exemple, en ce moment, est-ce que nous continuons de lire ? Ou allons-nous procéder à autre chose ? Si nous nous ennuyons ou si nous avons un rendez-vous, nous arrêtons la lecture ; nous faisons un choix entre ses deux possibilités. Troisièmement, la structure de la répétition ; exemple : nous pouvons continuer de lire ce paragraphe jusqu'à ce que nous le comprenions ou jusqu'à ce que l'exercice nous fatigue; en d'autres termes, nous la relisons jusqu'à ce que la condition de la compréhension soit satisfaite ou jusqu'à ce que nous soyons fatigués. En terme de code pseudo-poétique, ceci pourrait être écrit comme un type cryptique de pseudo-haiku :

Vous ne comprenez pas
donc lisez encore
à moins que vous soyez ennuyé ou
impatient
continuez

Fondamentalement ces structures à trois commandes sont les modèles conceptuels fondamentaux pour approcher la programmation, ou pour approcher la poésie (ou même la neurologie). La structure séquentielle est fondamentale et elle restitue la façon dont les lecteurs construisent des narrations dans le flot d'une logique émotionnelle-intellectuelle. La sélection est intrinsèque à l'augmentation du nombre de combinaisons dans les réseaux de symboles, champs de résonance dont émerge le sens. La répétition est une forme de chorale, de refrain, répété avec une très légère variation. Ces structures minimales nécessaires à la programmation sont remarquablement cohérentes avec l'analyse littéraire. L'intuition peut être comprise comme une excrétion fusionnée d'activités identiques de modes d'identifications subconscients et répétés. Les épiphanies sont les fruits mûrs que nos glandes cueillent dans les vergers de l'intuition structurée.

A la périphérie du développement de ces structures techniques et formelles, de grosses entreprises ont fusionné autour des productions de la programmation. Ces structures ont convergé vers une disparité typiquement malsaine de la richesse. Adrienne Rich (poète, féministe, lesbienne) a dit, "…si nous nous occupons de la liberté du mot, du langage comme un courant libératoire et enfin de l'imagination, nous nous occuperons de l'injustice économique." (Rich 165). Richard Stallman, le fameux programmeur du MIT impliqué profondément dans le mouvement des logiciels libres et qui a développé le GNU, est un exemple d'un programmeur renégat profondément investi dans l'activité qui dépasse l'hégémonie du matérialisme, et défie la tyrannie du copyright. Stallman a commencé le projet de GNU en 1983 en annonçant, sur une liste de diffusion, son intention de créer une alternative à l'onéreux système d'exploitation UNIX et de le rendre en accès libre. Il a aussi sollicité l'aide des autres. Tandis que les modes de comportement égocentriques sont certainement opérants dans presque toutes les activités humaines, il y a ici un pas conscient de franchise qui va vers l'unité, une conscience explicite que tous les êtres ont le droit de participer à la production de leur environnement, et que des ressources importantes devraient être partagées, non gaspillées ou amassées. Ces soucis idéologiques sont à un certain degré un brin thématique répandu dans l'histoire de la poésie et de la programmation. D'après la définition de Stallman, un logiciel libre c'est

…une question liberté des utilisateurs pour exécuter, copier, distribuer, étudier, changer et améliorer un logiciel. Plus précisément, ça se rapporte à quatre genres de liberté, pour les utilisateurs du logiciel :
La liberté d' exécuter le programme, quelque soit le but (liberté 0).
La liberté pour étudier comment le programme fonctionne, et de l'adapter à vos besoins (liberté 1). Pour cela, l'accès au code source est une condition préalable.
La liberté pour redistribuer les copies pour pouvoir ainsi aider votre voisin (liberté 2). La liberté d'améliorer le programme, et de faire part vos améliorations au public, de sorte que la communauté entière en bénéficie (liberté 3). L'accès au code source est une condition préalable pour ceci. (source : http://www.fsf.org/philosophy/free-sw.html ).

Stallman a été nommé "le prince Kropotkin du logiciel" (une référence à l'anarchiste russe) dans une biographie en ligne signée Nikolai Bezroukov. Plus ou moins apparenté à Alan Ginsberg d'un point de vue formel et philosophique, et comparable à Glenn Gould dans un style hermétique-obsessionnel, Stallman semble loin du profil stéréotypé d'un scientifique technicien, logique et puriste. Pourquoi ne pas libeller "poésie" son travail de programmation et le considérer comme de l'art ? Il est socialement compatissant, extraordinairement intellectuel, et vraiment imaginatif. Semblables à celles de la composition d'une sonate de Bach, ces énormes programmes de système d'exploitation sont des symétries intercalées et entrelacées, évocatrices de la beauté structurale. Accomplir un travail de la taille du GNU est comparable aux travaux réalisés par Dostoïevski. Et à la différence du modèle artistique contemporain d'auteur indépendant, le mouvement des logiciels libres est un environnement de collaboration ; ce sont vraiment des créations de collectifs.

Il est clair que dans certains cas, la programmation est une poésie ; c'est un art ; elle implique une fusion totale avec le langage comme l'énergie vitale, un langage comme une entité vivante, essentiellement nutritive et malléable ; un langage capable d'exprimer des modes de la conscience les plus élevés, un langage comme une présence active qui peut transformer notre monde. D'un point de vue physique, les torsions acrobatiques et les jeux de définition rejaillissent à travers la surface des deux disciplines. Dans chaque cas, les mots deviennent des véhicules de la conscience. Cependant, la programmation arrivera-t-elle à apparier l'émotion du dévot avec le ravissement et la luminosité du cœur de la poésie ? C'est comme si le descendant d'une créature d'une sensualité extrême s'était détaché des excès de son ancêtre, retiré en réaction à un style de vie rigide et dur. Une logique sans intuition émotionnelle, une raison sans passion, un ordre sans grâce : il est facile de stigmatiser la programmation comme un dérivé sec et stérile d'une source de prospérité. Il est facile de dire : la logique prive l'âme humaine de sa spontanéité, stérilisant les germes de la créativité authentique, enterrant ainsi le rayonnement de la spontanéité innocente sous une avalanche obscène de produits technologiques. Néanmoins, parmi cette zone de turbulence, il y a un petit espace où la programmation incarne l'essence vivante de la poésie, et cette essence est mystérieuse, comme un fleuve de mots évoquant des mondes, et peut-être cette terre se trouve parmi ces mondes ; semi-autonomes et auto-reproductifs, nous sommes des aspects d'une vaste fiction, un vaste projet tangible de programmation poétique.
return ; }

 

[1] Sleepers Awake : " Dormeurs éveillés ".
[2] Note du traducteur : " intermaths " dans le texte.
[3] Dans le texte : " decode into thick paradoxical helixes of nonlinear agality "
[4] Note du traducteur - wind : vent.
[5] " virtuosic deluges of message "

Le texte original peut-être consulté en visitant le site de David 'jhave
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Krisztian Gabris, Jan 16, 2003 17:53 UT
 
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