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Le web
et l’émergence d’une nouvelle structure de connaissances
Psychologists and sociologists already are beginning
to note a change taking place in cognitive development among youngsters in
the so-called “dot-com” generation. (…) Others see the development in a more
positive light, as a freeing up of the human consciousness to be more playful,
flexible, and even transient in order to accommodate the fast-moving and ever
changing realities people experience. Today’s children, they argue, are growing
up in a world of networks and connectivity in which combative notions of mine
and thine, so characteristic of a propertied market economy, are giving way
to a more interdependent and embedded means of perceiving reality one more
cooperative than competitive and more wedded to systems thinking and consensus
building. (Rifkin, pp,12-13)
J’ai eu beaucoup
de chance. J’ai commencé à enseigner à temps plein à l’université relativement
tôt. J’avais à peine trente ans. Malgré cela, comme nombre de professeurs
plus âgés avec qui je partageais ma tâche, je percevais mes étudiants comme
dangereusement sous-éduqués. Impuissants à se concentrer, axés sur le superficiel
et l’aléatoire, sans connaissances historiques et encyclopédiques, incapables
de bien écrire, les étudiants qui fréquentaient mes classes me semblaient
mal préparés pour affronter les défis et problèmes d’une société qui ne cessaient
de se complexifier. Et pourtant. Alors que de nombreux professeurs et moi-même
faisions ce diagnostique, les technologies opéraient une transformation radicale
de la structure de l’économie, accompagnée de la croissance la plus importante
de l’histoire de l’Occident. Nos économies se dématérialisaient, échangeant
atomes plutôt qu’octets (ainsi que le soulignait Nicholas Negroponte), accumulant
passages et écoulements plutôt qu’objets, échangeant styles de vie plutôt
que matières (ainsi que l’analysait Naomi Klein) et ce, grâce à une industrie,
celle de l’informatique, créée de toutes pièces par ces mêmes étudiants qui
avaient côtoyé nos institutions. Aujourd’hui, l’économie contemporaine en
est une du troc mémétique, de la croissance cognitive, du produit intellectuel
intérieur brut. En moins de dix ans, ces jeunes hommes et femmes dont la formation
intellectuelle me paraissait profondément inadéquate, ont réussi à renverser
les fondations économiques et intellectuelles de l’Occident.
Comment cela
est-il possible ? Comment ces jeunes que nous critiquions tant, qui semblaient
posséder si mal ces outils cognitifs que nous croyons essentiels au développement
intellectuel, pouvaient être les acteurs principaux d’une transformation si
importante ?
Depuis plusieurs
années déjà, une nouvelle structure d’acquisition des connaissances avait
fait son apparition. Une structure que les jeunes utilisaient pour comprendre
le monde, dont ils se servaient pour lui donner couleur et texture, avec laquelle
ils naviguaient sur les mers houleuses des complexités contemporaines, une
structure que nous étions (et sommes toujours) incapables d’identifier, de
légitimer et d’exploiter. Une nouvelle structure d’acquisition des connaissances
qui s’est aujourd’hui infiltrée dans presque tous les domaines de la recherche,
de la connaissance et de la culture.
Mais quelle est
cette structure ?
1 - Elle
est celle de l’accélération et de la superficialité.
Comme le dit
Pierre Lévy, le temps, aujourd’hui, est essentiellement une nouvelle vitesse
d’apprentissage collectif. (p. 23). Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un
temps nouveau, non plus organique mais machinique et technologique. Comme
nous l’ont prouvé les recherches sur la relativité, le temps n’est pas absolu
mais existe par l’entremise de contacts que nous avons avec les objets et
les phénomènes qui peuplent nos vies (tels les cycles du coeur par exemple
ou ceux de la nature). Ces contacts sont aujourd’hui essentiellement machiniques
et réseautiques d’où l’accélération de notre perception du temps (les machines
et réseaux, en augmentant régulièrement leur vitesse d’exécution, nous entraînent,
par leurs contacts, dans une structure temporelle de plus en plus rapide).
Nous habitons maintenant un monde beaucoup trop rapide et fiévreux pour que
nous puissions le comprendre avec nos outils cognitifs classiques. En fait,
par les technologies, la relation que nous avons au temps est aujourd’hui
si accélérée qu’il n’est plus humainement possible de gérer l’information
qui en émane de façon linéaire et verticale, la prise, l’analyse, la gestion
et la conservation de données émanant de plusieurs sources, se déployant dans
plusieurs directions, se multipliant dans d’innombrables dimensions à la fois
(d’où l’absence de mémoire collective qui en résulte, la mémoire ne s’exprimant
qu’à travers le filtrage et l’oubli. Lorsque rien n’est oublié, rien n’acquiert
alors valeur de remémoration).
Mais la nouvelle
structure d’acquisition des connaissances, parce qu’elle se déploie de façon
horizontale, parce qu’elle cherche à percevoir et comprendre les mouvements
(et non leurs causes), parce qu’elle se nourrit de perceptions globales, parce
qu’elle sonde le glissement plutôt que l’approfondissement, est capable de
gérer l’éphémère, l’évanescent et l’instable temporels. Mais pour ce faire,
la nouvelle structure d’acquisition des connaissances utilise la superficialité.
S’agit-il d’une
transformation négative de l’acquisition de connaissances ? Non, car le terme
« superficiel » doit aujourd’hui être compris de façon différente.
Le médiéviste Alexandre Leupin parle d’homonimisation. Qu’est-ce que l’homonimisation ?
Le renversement si profond d’une structure de pensée par l’apparition d’un
nouveau concept que les termes qui le précédent et le suivent, bien qu’identiques
en apparence, voient leur définition respective se modifier. Avant et après
Galilée, par exemple, le mot « cosmos » désigne un univers complètement
différent. Avant et après le Christ, le mot « dieu » acquiert une
toute autre signification. Avant et après l’accélération du temps telle que
nous la vivons aujourd’hui, le mot « superficiel » change lui aussi
de définition.
Face aux sollicitations
(sociales, physiques et informationnelles) de plus en plus nombreuses de notre
environnement, la superficialité n’est plus signe de paresse mais bien d’intelligence
car la vitesse à laquelle nous devons absorber et réagir à l’information est
beaucoup trop importante pour que nous puissions utiliser les stratégies cognitives
plus anciennes que sont la réflexion, la contemplation et l’analyse systématique.
Mais revenons
quelques instant au concept d’homonimisation tel que le développe Alexandre
Leupin. Selon ce chercheur, l’homonimisation n’est possible que si un événement
marquant renverse, de par son impact, la pensée dominante. Quel est cet événement
qui nous force aujourd’hui à revoir et redéfinir le mot « superficiel » ?
J’en vois trois:
l’accélération du temps (telle qu’expliquée précédemment), l’apparition du
Web 1994 (avec Mosaic) et l’émergence de CNN et de MTV dans les années
80.
Le
Web :
Le Web propose
une conception et une perception du monde dont l’essence n’est pas simplement
l’arborescence ou l’hypertextualité mais bien le volume. Pour saisir
le Web, l’internaute doit naviguer, se promener, explorer. Pour comprendre
le Web, l’internaute ne peut être immobile. Le Web n’est pas une bibliothèque,
il n’est pas un réceptacle passif d’informations. Le Web est un lieu, une
terre, un continent. Pour y vivre et y être efficace, il faut sauter d’un
lieu et d’un événement à l’autre, se déplacer, surfer sur l’expansion continuelle
de ce réseau et y attraper, ici et là, des bribes d’informations. Sur le Web,
il est impossible (et je dirais même dangereux) de tenter d’approfondir. Le
Web est mouvant, et face à cette mouvance, l’internaute ne peut rester immobile.
Cette nécessité du mouvement a un impact profond sur l’utilisation de la superficialité
et sur le développement de la nouvelle structure d’acquisition des connaissances
puisqu’elle oblige le glissement, puisqu’elle pousse à l’exode, puisqu’elle
fait du nomadisme la structure première de l’acquisition des connaissances.
Je me permets
une parenthèse ici pour explorer quelque peu ce point. Le nomadisme intellectuel
que le Web impose n’appauvrit pas la pensée, bien au contraire. Ainsi que
le souligne Pierre Lévy [i]
et Hebert Simon [ii]
et Philip Yam
[iii] , la richesse d’un environnement contribue directement au
développement cognitif. Plus un environnement est riche de défis, de questions,
de nouveautés et plus le cerveau se développe et se complexifie. Le Web, de
par la quantité de ses stimuli visuels, sonores et textuels, de par la vitesse
à laquelle ceux-ci sont constamment renouvelés (et remplacés), de par le mouvement
et le nomadisme qu’il impose aux internautes, force le cerveau à résoudre
d’innombrables nouveaux défis informationnels.
CNN et MTV :
CNN et MTV ont
aussi participé activement au renversement de notre structure cognitive et
à la redéfinition du mot « superficiel ». Comment ? En proposant
un genre d’alphabétisme extrême de l’image. Par CNN et MTV, l’image que nous
expérimentons est de plus en plus rapide et sa signification est de plus en
plus éphémère. Seule la superficialité peut saisir cette image.
Mais l’influence
de ces postes de télévision câblée ne s’arrête pas là. CNN et MTV, par la
surenchère visuelle et informationnelle qu’ils produisent, astreignent leurs
téléspectateurs à une compréhension du monde télescopée, non plus simplement
en surface mais aussi temporellement compressée.
Car que produit
CNN? Non pas une réflexion ou une analyse des événements mondiaux mais bien
une lecture, toujours en temps présent, toujours en temps réel, toujours ancrée
dans l’immédiat, du monde humain (c’est d’ailleurs le mot « live »
qui définit le mieux ce poste de télévision). CNN est l’instant présent. Toujours.
CNN n’existe pas dans une progression ni dans une perspective temporelles,
mais simplement dans une « série de présents successifs » (pour
emprunter les termes de Yourcenar). CNN crée un monde de l’immédiat auquel
il faut répondre aussitôt.
Quant à MTV,
si ce poste n’est pas aussi ancré dans le temps présent (il opère, en fait,
beaucoup plus comme un genre d’écho du temps : les vidéo-clips existent
en dehors des considérations du direct et les deux tiers de la programmation
n’étant qu’une répétition du premier tiers), il n’en reste pas moins qu’il
participe lui aussi à la fébrilité informationnelle, au télescopage temporel
et à la représentation en surface dans lesquels est plongé notre monde. MTV
est un lieu de production fébrile d’images sans profondeur. Les images de
MTV sont gestes, poses, changements, pas de danse, gros plan qui ne déploient
dans l’horizontalité. MTV ne peut proposer de profondeur, il ne peut reconnaître
la verticalité.
Accélération
du temps, émergence du Web, apparition de CNN et de MTV, voici les événements
qui ont provoqué le renversement de la pensée et par lesquels l’homonimisation
du terme « superficiel » est possible.
2 - La
structure neuronale.
La nouvelle structure
d’acquisition des connaissances n’est donc ni linéaire, ni verticale. Elle
ne se déploie pas par l’entremise de la connaissance encyclopédique, de l’analyse
ou de la contemplation.
Un peu plus tôt,
je proposais que la masse d’informations à laquelle nous devons faire face
est, dans le cas du Web, une « étendue » mouvante et changeante.
Qu’est-ce à dire ? Qu’un intriguant parallèle peut être établi entre structure
informationnelle du Web et structure neuronale du cerveau. L’un comme l’autre
sont des volumes variables dont nous ne connaissons pas la complexité et dont
l’essence n’est pas l’accumulation mais bien le chemin. En fait, tant dans
le cerveau que dans le web, l’information émerge du passage (de neurones en
neurones ou de sites en sites) et devient connaissances par la création de
liens entre ces passages.
Mais cela n’est
pas unique au Web. L’ensemble des médias opère sur le même principe. Télévision,
radio, multimédia, téléphones cellulaires, jeux vidéos, etc., les médias actuels
sont, eux aussi, d’immenses volumes d’informations instables (d’où le besoin
de superficialité) dans lesquels la connaissance est passage, écoulement,
transition. Voilà pourquoi notre ère est marquée par le chevauchement, le
métissage, l’intertextualité et l’intermédialité : la connaissance n’étant
possible que dans la création de liens (de contaminations), seules les affinités
infectieuses permettent les nouveaux entendements.
Voilà, par ailleurs,
pourquoi nous nous laissons tant enjôler par les nouveaux médias, pourquoi
nous consacrons une importante partie de nos vies à nous y frotter :
ces volumes nous invitent à les explorer de la même façon que nous explorons
notre pensée : par sauts, associations, interconnexions et apartés. La
nouvelle structure de connaissances nous séduit car elle reproduit des dynamiques
cognitives ataviques : non pas analyser et contempler, mais bien voir,
se déplacer, saisir et réagir.
***
Psychologist Robert J. Lifton calls this new generation
“protean” human beings. (…) They live in a world of seven-second sound bites,
are used to quick access to and retrieval of information, have short attention
spans, and are less reflective and more spontaneous. (…) While they are less
able to compose a written sentence, they are better able to process electronic
data. They are less analytical and more emotive. (…) Their world are less
boundaried and more fluid. They grew up with hypertext, Web site links, and
feedback loops, and have a perception of reality that is more systemic and
participatory than linear and objective. They are able to send e-mail to people’s
virtual addresses without ever having to know or even care about their geographic
addresses. (…) They are continually remaking themselves as they
try on new lifestyles with each new passage of life. (…) They are experimental
and court innovation. Customs, conventions, and traditions, on the other hand,
are virtually nonexistent in their fast-paced, ever changing environment.
(Rifkin, p. 186-187).
Quelles sont
les conséquences de cette nouvelle structure d’acquisition des connaissances ?
Elles sont nombreuses. La plus importante, et certainement la plus marquante,
est la transformation profonde de notre relation à l’écrit.
Comme le dit
Michael Gibbons, les humanités se sont toujours définies par leur lien au
texte, mais ce lien est maintenant fragilisé par la pression qu’exercent la
vitesse, la superficialité et la contamination des nouvelles structures d’acquisition
de connaissances.
Pourquoi ? Parce
que le texte, dans sa forme classique, est centripète : il tire à lui
le lecteur, l’emprisonne (par la séduction) en ses mots, ses phrases et ses
réflexions. Linéaire, le texte est autoritaire et dominateur. Il exige concentration
et focalisation.
Le texte est
à la fois source de l’expérience et de la mémoire humaines et miroir de la
relation que l’homme, de par sa biologie, a avec le temps. Le texte est centripète
car son rôle premier est mnémotechnique : il doit se rappeler, il doit
conserver en mémoire, il doit être capable de reproduire un événement, une
information, une émotion lorsque le besoin s’en fait sentir. Le texte est
le souvenir humain du plaisir, de la douleur et de la souffrance. Le texte
est linéaire car il est le miroir des cycles humains, en lui se réfléchit
la perception que nous avons de notre existence : introduction, développement
et conclusion n’étant que de simples images du cycle naissance/vie/mort.
Mais les volumes
d’informations, puisqu’ils ne dévoilent leur entendement que dans le passage
et la contamination, sont centrifuges (un ailleurs nous y interpelle constamment).
Voilà pourquoi la narration se perd; voilà pourquoi la faculté d’écrire de
façon linéaire et analytique se perd. La connaissance actuelle s’acquiert
dans le voyage, elle se dévoile dans le départ, elle se transforme dans l’exode.
Le texte classique représente l’Homme dans son milieu biologique. La nouvelle
structure d’acquisition des connaissances réfléchit l’Homme dans les métamorphoses
continuelles de ses univers électroniques.
***
Plongeons-nous
dans un monde moins intelligent et moins humain? Je crois que nous plongeons
plutôt dans un monde où les bases de ce qui fondait notre culture (l’accumulation
historique, la contemplation, l’analyse) nous ont échappées. Nous sommes libres
maintenant. Libres de nous engager (de nous embourber ?) dans la créativité
et la transformation. Libres de nous inventer et réinventer sans cesse. Libres
de vivre et de nous nourrir de l’inachevé et de l’aléatoire. Mais aussi condamner
à la fragilité et à l’éphémère. Voilà le résultat de la dernière décennie,
voilà ce qu’a été l’explosion magnifique des bourses et des économies et leur
chute dramatique : le mouvement rapide, fragile, créatif mais incertain
de la nouvelle structure d’acquisition des connaissances.
Comme le dit
Jeremy Rifkin au début de cet essai, nous voilà au pied d’une nouvelle culture
qui gère de façon efficace l’aléatoire, l’incertain et le passager; une culture
qui comprend les mouvements et les courants et pour laquelle la stabilité
n’est pas un but à atteindre mais simplement un état précaire dont l’équilibre
est nourri par le chaos. Nous voici, diraient Kevin Kelly, Steven Johnson,
Harold Bloom, Derrick de Kerckhove et Pierre Lévy, au pied d’une culture qui
ressemble à un ensemble mouvant et intelligent, une structure qui réagit avec
intelligence aux défis de son environnement par la circulation de ses individus
et par l’information que ce mouvement ne cesse de fournir. Kelly, Johnson,
Lévy parleraient d’intelligence collective, connective, de meute et d’essaim,
bref d’une structure d’acquisition des connaissances qui scanne, qui surfe,
qui manoeuvre en temps réel et dont l’essence n’est pas l’accumulation mais
bien la réaction. Voici la culture à laquelle nous devons faire face aujourd’hui,
la culture qui guide et sculpte notre monde. Voilà la structure d’acquisition
des connaissances que nous n’arrivons pas à identifier, voilà la dynamique
cognitive que nous n’arrivons ni à légitimer ni à exploiter.
Voilà la culture
qui nourrit les jeunes qui fréquentent nos universités.
[i]
« Il existe une relation directe entre l’interconnexion d’un organisme (ou son degré de sensibilité
à lui-même) et la richesse du monde qu’il expérimente. Nous supposons, sans
trop de risque de nous tromper, que le monde propre d’un oiseau, par exemple,
brille de plus de couleurs, résonne de plus de sons, étend plus d’espace que
celui d’une huître. Or ni la couleur, ni le son, ni peut-être l’espace n’existent
dans le « monde extérieur ». Ce sont des produits des calculs très
complexes des systèmes nerveux évolués, des émergences à partir d’un certain
degré d’interconnexion. Plus un être est interconnecté à l’intérieur, plus
son champ d’interaction est vaste, plus son expérience est riche, mieux il
est capable d’apprendre (c’est-à-dire d’agrandir son monde), plus il est connecté à l’extérieur. » (Lévy, p. 50)
[ii]
« Dans The Sciences of the Artificial (1981), Simon décrit le chemin indirect qu’emprunte une
fourmi qui se promène sur un terrain inégal et rempli d’obstacles. Les arrêts,
hésitations et détours de sa progression sont causés par les obstacles qu’elle
rencontre. Simon conclut alors qu’une fourmi, perçue en tant que système de
comportements, est une chose très simple. La complexité apparente de son comportement
est généralement le résultat de la complexité de son environnement. […] Il
est intéressant de noter que si nous appliquons ce concept aux êtres humains,
nous possédons alors un argument de poids pour proposer que la culture est
fondamentale à la formation de l’intelligence. L’intelligence ne grandirait
pas dans l’obscurité comme le fait un champignon, mais serait plutôt dépendante
d’interactions avec un environnement riche et varié. La culture est donc aussi
fondamentale à la création des êtres humains que ces derniers à sa création.
Plutôt que de dénigrer notre intelligence, cette idée souligne plutôt la cohérence
et la richesse miraculeuse des cultures qui ont pris forme à partir de l’existence
des êtres humains.» '>(Luger, Stubblefield p.12)
[iii]
« Are we truly smarter than our grandparents ? Researchers aren’t sure just what has caused the rise. Genetics clearly cannot operate on such a short time scale. Ulric Neisser of Cornell university thinks
it may have to do with the increasing visual complexity of modern life. Images
on television, billboards and computers have enriched the visual experience,
making people more capable in handling the spatial aspects of the IQ tests. »
<(Yam, p.8). |
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