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Introduction
Que la causalité ait un rôle central dans la cognition humaine ou non-humaine ne peut donner lieu à discussion. Ce qui peut être discuté en revanche c’est si « cause » signifie la même chose dans la cognition humaine et non-humaine. Ou, en termes plus philosophiques, l’attribution d’une croyance causale commune — e.g., « Le fait qu’il pleuve va causer le fait que Maman ne va pas m’emmener faire une promenade » — à mon chien, Tolkien, et à ma fille de 11 ans, Abigaël, fait-elle sens ? Une vision superficielle, basée sur un comportement, mutatis mutandis, similaire, ferait penser que oui : Abigaël lit un livre, Tolkien est couché sur un fauteuil et tous deux jettent des regards mélancoliques vers les vitres battues par la pluie. La question, à un niveau plus profond, est de savoir s’il y a plus à la croyance causale d’Abigaël qu’une simple association entre la pluie et une absence de promenade et si, si la réponse à cette première question est positive, on peut légitimement attribuer à la croyance causale de Tolkien ce trait additionnel. Par exemple, Abigaël pourrait avoir une explication mentaliste au terme de laquelle je crois que la pluie mouille et je n’aime pas être mouillée, raison pour laquelle je choisis de rester à l’intérieur quand il pleut. Cette explication, on peut le penser, n’est pas quelque chose que l’on puisse attribuer de façon sensée à Tolkien. Peut-on dire exactement ce qu’est la différence entre la croyance causale attribuée à Abigaël et celle attribuée à Tolkien ? Il me semble que la différence tient au fait qu’Abigaël a une explication pour l’association, alors que Tolkien n’a qu’une association, pour ainsi dire, nue. Qui plus est, Tolkien n’est pas et n’a pas à être intéressé par une explication, alors qu’Abigaël ne serait pas et de fait ne devrait pas être satisfaite par une association nue. Bien qu’il puisse être aventureux de concevoir la différence entre la cognition causale humaine et non-humaine comme l’existence dans la première et l’absence dans la seconde d’une explication, c’est la position que je défendrai ici. J’irai plus loin et je dirai que l’association se fait principalement entre des entités observables, alors que l’explication, le plus souvent, va au-delà de l’observable (comme c’est le cas dans l’explication que donne Abigaël du fait que je ne veuille pas l’emmener faire une promenade sous la pluie). Comme l’a noté Hume (1975, 74. Je traduis), « Tous les événements paraissent entièrement indépendants et séparés. Un événement suit l’autre, mais nous ne pouvons jamais observer aucun lien entre eux. Ils semblent conjoints, mais jamais coordonnés ». Hume déduisait de cette observation de base sur la perceptibilité de l’association et le caractère non perceptible du lien causal l’inexistence du second, mais je ne m’intéresserai pas ici à cette affirmation métaphysique.
Les humains sont-ils des animaux associatifs ?
J’ai affirmé ci-dessus que la cognition causale chez les humains n’est pas ou n’est pas seulement associative. Cette affirmation peut être (et a été) interprétée de façon différente. Tout d’abord, Premack (1995) distingue la connaissance causale arbitraire (ci-après CCA) résultant de l’apprentissage associatif — dépendant de la contiguïté et de la répétition — et la connaissance causale naturelle (ci-après CCN), fortement spécifique au domaine et a priori — indépendante de la contiguïté et de la répétition. Une autre façon d’aborder cette distinction est de dire que CCA est basée sur l’induction, alors que CCN peut servir de base à la déduction. La CCN chez les humains touche la psychologie naïve, la physique naïve et la biologie naïve. Il est difficile, voire impossible de l’attribuer à des animaux non humains. Dans la mesure où elle n’est pas basée sur l’apprentissage associatif, elle justifie de façon évidente mon affirmation. Cependant, la CCN n’est pas mon objet ici. Je vais plutôt me concentrer sur la CCA. En ce qui la concerne, il y a deux possibilités :
- Elle est basée uniquement sur l’apprentissage associatif chez les animaux humains et non humains ;
- Bien qu’elle soit basée sur l’apprentissage associatif chez les animaux humains et non humains.
Ceci soulève une autre question qui a à voir avec la raison pour laquelle l’association n’est pas suffisante pour la CCA chez les humains. Après tout, si l’association est adaptative pour les animaux non humains, pourquoi ne suffit-elle pas aux humains ? Une autre question évidente concerne ce que c’est qu’une explication.
Selon moi, la réponse à ces deux questions passe par le fait que les humains sont la seule espèce linguistique. Le reste de ce papier sera dédié à une brève revue des travaux expérimentaux qui cherchent à montrer que l’association n’est pas le seul facteur de la CCA humaine et à quelques hypothèses, dont je reconnais le caractère spéculatif, sur le rôle du langage dans la différence entre la CCA humaine et non-humaine.
Pour commencer par un point central de la littérature philosophique contemporaine sur la causalité (maintenant examiné empiriquement, cf. Roese 1994, Roese & Olson 1996, 2003, Pennington & Roese 2003), il y a un lien fort entre les contrefactuelles et le raisonnement causal. Selon une vue philosophique courante, proférer « C a causé E » est équivalent à proférer les deux contrefactuelles « Si C s’était produit, alors E se serait produit » et « si C ne s’était pas produit, alors E ne se serait pas produit ». Cependant, bien qu’il soit plausible que le raisonnement contrefactuel soit spécifiquement humain, il n’est pas clair que le lien entre raisonnement contrefactuel et raisonnement causal justifie une vision de la cognition causale humaine qui y voit davantage que de l’association. En effet, le raisonnement contrefactuel porte généralement sur les faits associés plutôt que sur l’explication. Ceci ne signifie pas que les contrefactuelles n’ont rien à voir avec l’explication : elles représentent souvent l’idée du lien nécessaire qui pourrait être le premier point de différence entre les animaux humains et non-humains. Cependant, elles ne sont pas, en elles-mêmes, une explication. On en revient donc à la question primordiale : qu’est-ce qu’une explication ?
C’est probablement le moment d’introduire une distinction proposée par Waldmann (2000, 2001), entre apprentissage prédictif et apprentissage diagnostique : alors que le premier va de la cause à l’effet, le second va de l’effet à la cause. Il devrait être clair que l’explication, quelque autre caractéristique qu’elle possède, a la direction de l’apprentissage diagnostique. Cependant, Waldmann va au-delà de cette simple distinction, disant qu’un modèle purement associationiste (e.g., Rescorla & Wagner 1972) ne peut rendre compte de l’ensemble de l’apprentissage causal inductif — à la fois prédictif et diagnostique —, parce qu’il est fondamentalement indifférent à l’asymétrie causale, étant basé non sur des causes et des effets, mais sur des indices et des résultats, les indices et les résultats pouvant être indifféremment des causes ou des effets. Waldmann montre que selon qu’une tâche relève de l’apprentissage prédictif ou de l’apprentissage diagnostique, certains effets bien connus de l’apprentissage associatif (e.g., blocking et overshadowing) n’opèrent pas de façon identique. En d’autres termes, la direction causale joue un rôle dans l’apprentissage causal, contrairement à ce que prédiraient les modèles associationnistes. Dans une série de papiers, Waldman et ses collègues (Waldmann & Hagmayer 1998, Waldmann & Martignon 1999, Hagmayer & Waldman 2004) ont été plus loin, défendant un vision plus abstraite de cognition causale, basée sur un modèle de réseau bayésien, et montrant que les humains s’appuient sur des catégories causales abstraites (e.g., causes ou effets multiples, chaîne causale) pour apprendre les relations causales.
Ceci est la première indication du fait que la CCA ne s’appuie pas seulement sur l’association. Cependant le modèle bayésien proposé par Waldmann et par ses collègues s’appuie toujours fortement sur la covariation des causes et des effets. Une question ultérieure est de savoir si la covariation est vraiment le facteur central de l’apprentissage causal humain. Dennis & Ahn (2001) ont examiné l’effet d’ordre dans le jugement sur les relations causales en présentant aux sujets des données identiques du point de vue de la covariation, mais dans un ordre différent. Ils ont mis en évidence un fort effet de précédence, ce qui suggère que la covariation n’est pas le seul facteur de l’apprentissage causal et qu’un système de révision des croyances pourrait être un autre facteur. On pourrait trouver une justification indirecte de cette hypothèse dans le travail expérimental de Lovibond (2003) — utilisant un simple paradigme de conditionnement à la peur chez les humains — qui a montré que les modèles associatifs pourraient être réinterprétés de façon profitable comme modélisant un apprentissage propositionnel et inférentiel, étant donné que le conditionnement à la peur chez les humains fonctionne indifféremment sur des stimuli physiques ou sur des instructions linguistiques. Ahn et ses collègues (1995) ont aussi réalisé d’autres expériences pertinentes sur l’impact de l’information sur la covariation relativement à celui de l’information sur le mécanisme dans l’attribution causale. Ils ont conçu une série de tâches dans lesquelles les sujets, pour donner ne explication causale, pouvait poser soit des questions sur la covariation (qui, quoi) ou sur le mécanisme (comment). Ils ont trouvé une préférence pour l’information sur les mécanismes causaux plutôt que sur la covariation dans toutes leurs tâches. Ils notent que l’explication est plus facilement comprise comme basée sur le mécanisme (i.e., sur des lois générales) que sur la covariation. Les explications basées sur le mécanisme ont en effet l’avantage d’être réellement explicatives parce qu’elles sont génératives, permettant d’une façon abstraite de faire des prédictions sur des situations nouvelles. Eagleman & Holcombe (2002) s’accordent indirectement avec cette vision des choses dans leur discussion de l’article d’ Haggard et al. (2002) qui rapporte des jugements temporels subjectifs sur le déclenchement du résultat d’une action selon que le sujet considère le résultat d’une de ses propres actions ou non. Les délais sont jugés plus courts dans le premier cas. L’explication proposée par Eagleman & Holcombe est que « des événements connus comme en relation causale ont plus de chances d’être proches dans le temps et dans l’espace que des événements sans lien entre eux » (p. 235), ce qui justifierait le fait que l’on peut déduire l’association, et donc la contiguïté temporelle, du mécanisme causal.
En bref, les animaux humains et non-humains s’appuient les uns et les autres sur l’association pour la CCA, mais les humains ne s’en arrêtent pas là et utilisent aussi des schémas causaux abstraits et des explications générales. Enfin, on peut donner une définition informelle de l’explication : une explication invoque un mécanisme général qui permet de corréler un effet donné à une cause donnée (les éléments associés).
Le langage est-il la raison pour laquelle les humains ne sont pas des animaux simplement associatifs ?
La première question à poser pourrait être de savoir si les humains sont bien les seuls animaux qui ne se satisfont pas de l’association. Certes, mon chien Tolkien ne dépasse pas l’association, mais des animaux cognitivement plus complexes, e.g., des chimpanzés, ne pourraient-ils pas aller plus loin et utiliser, comme le font les humains, bien que probablement de façon plus limitée, des modèles causaux abstraits et chercher des explications générales, peut-être basées sur des mécanismes invisibles ? Et, s’ils ne le font pas, alors que nous le faisons clairement, comment expliquer cette divergence entre eux et nous ?
La question de savoir si les chimpanzés cherchent des explications a été examinée par Povinelli et Dunphy-Lelii (2001) dans deux expériences ingénieuses comparant des enfants d’âge maternelle et des chimpanzés (de 9,4 à 10,3 ans dans la première expérience). La tâche dans les deux cas étaient de poser des blocs debout sur une plateforme couverte d’un revêtement irrégulier, mais où des trous livrant une surface régulière avaient été pratiqués. Dans les deux expériences, il y avait un bloc trafiqué : dans la première, ce bloc ne pouvait tenir debout parce que ses extrémités avaient été arrondies ; dans la seconde, les blocs normaux et le bloc trafiqué étaient visuellement identiques et en forme de L, mais des poids placés soit dans la grande longueur, soit dans la courte, permettaient ou rendaient impossible de faire tenir le bloc debout sur sa grande longueur. Les résultats sont intéressants : dans la seconde expérience, où la différence entre les blocs normaux et le bloc trafiqué n’était pas visible, 61% des enfants ont examiné le bloc trafiqué pour essayer de comprendre pourquoi on ne pouvait pas le mettre dans la position voulue. Par contraste, aucun chimpanzé ne l’a fait. Ceci conduit à l’hypothèse de l’inobservabilité (cf. Vonk & Povinelli, sous presse, 5. Je traduis), selon laquelle « une des différences importantes entre les humains et les autres espèces est que nos esprits forment des concepts qui réfèrent à des entités ou à des processus inobservables et raisonnent sur cette base ». Vonk et Povinelli poursuivent en proposant « que la « profondeur abstractive » sous-jacente qui rend possible le raisonnement sur les inobservables a probablement coévolué avec le langage naturel » (idem).
Cette hypothèse semble contredite par une série d’expériences faites par Varley et son équipe (cf. Siegal et al. 2001, Varley & Siegal 2000, Varley et al. 2001) qui montrent que des aphasiques agrammatiques peuvent réussir des tâches de raisonnement, de causalité et de théorie de l’esprit (et les tâches de ToM impliquent par définition des inobservables). Ainsi, un langage opérationnel n’est pas nécessaire pour réussir de telles tâches. Ceci semble donc contredire l’hypothèse de Vonk et Povinelli sur un lien entre la capacité de conceptualiser des inobservables et le langage. Cependant, Varley (1998, 45. Je traduis) a elle-même observé que ses patients ont eu des capacités linguistiques normales jusqu’au milieu de l’âge adulte et en conclut que ses « résultats n’ont rien à dire du rôle du langage dans le développement de la pensée. Il se peut que le langage soit nécessaire pour configurer la cognition centrale pour certains types d’activités cognitives ». Il pourrait être plus troublant que les enfants pré-linguistiques soient supposés capables de raisonnement sophistiqué dans la CCN. Même ceci, cependant, devrait être nuancé : le test de la fausse croyance n’est pas passé avant que le langage n’ait commencé à se développer (cf. Reboul 2004 pour une discussion) et il est possible, comme le propose Povinelli (2000), que les performances des bébés dans les tests de physique naïve puissent s’expliquer par capacités plus basiques que celles qui ont été généralement invoquées. Supposons de fait que, comme l’affirment certains chercheurs, la CCN se développe au cours du temps (ce qui ne contredit pas l’hypothèse de facteurs innés). Dans ce cas, la contradiction apparente entre l’hypothèse de l’inobservabilité et son lien avec le langage d’une part et la pensée abstraite pré-linguistique ou aphasique disparaît.
Ce qui reste mystérieux, c’est la façon dont le langage serait lié à cette conceptualisation des inobservables, dont Vonk et Povinelli pensent qu’elle est spécifique à l’espèce humaine. To essayer de clarifier ce lien, revenons-en à ce qui est généralement dit de l’évolution du langage. L’opinion majoritaire est qu’il a évolué pour la communication. Indépendamment du fait que Chomsky ne pense pas qu’il ait évolué — il aurait simplement émergé —, il a violemment attaqué cette vision communicative dans un grand nombre de papiers, dont je ne mentionnerai que le dernier (Chomsky 2005). Au début de cet article, Chomsky cite un certain nombre de biologistes éminents (Jacob, Monod, Luria) qui doutent que la communication ait pu exercer une pression sélective suffisante pour produire le langage. Comme philosophe et comme linguiste, j’adhère à cette vision des choses, étant convaincue que le langage a un impact cognitif important. Cependant, il est intéressant, dans cette perspective, de se demander ce que l’on entend généralement par « le langage ». Un modèle populaire de l’évolution du langage est celui de Jackendoff (1994) qui y voit une suite d’étapes : communication animale — protolangage — grammaire universelle chomskyenne (UG). La communication animale diffère du protolangage en ce qu’elle comporte un nombre d’items finis et qu’elle est incapable de déplacement (la capacité à référer à des objets absents ou inexistants). Le protolangage a un lexique ouvert et permet des énoncés de deux mots, mais il ne comporte ni items fonctionnels (si, que, le, où, etc.) ni morphosyntaxe, ce qui le distingue de UG. La vision de Chomsky diffère de celle-ci de façon intéressante : UG — maintenant réduite à un petit nombre d’opérations — a émergé comme une fonction de la complexité et cette émergence a été déclenchée par la nécessité de lier des concepts isolés, mais nombreux de façon générative (et potentiellement infinie) sans qu’aucun processus évolutif — dans le sens adaptatif fort — ait été impliqué. On notera que cette hypothèse chomskyenne est soutenue par les modèles mathématiques développés par Nowak et ses collègues (cf. Nowak 2001). Si la vision chomskyenne est correcte, l’étape majeure a été l’augmentation du nombre de concepts, qui, pace Anderson (2004) et Maynard Smith & Szathmary 1999, pourrait bien avoir été l’étape évolutive décisive. En d’autres termes et en supposant que l’hypothèse du protolangage fasse sens, l’étape majeure aurait été le passage des systèmes clos caractéristiques de la communication animale aux systèmes ouverts caractéristiques de la cognition humaine avec leur absence de limites lexicales ou conceptuelles. On a souvent observé que le déplacement n’existe pas dans les systèmes non-humains de communication et on peut même argumenter pour le fait qu’il n’est pas clairement présent chez les soit-disant primates parlants (cf. Anderson 2004 pour une discussion). C’est précisément, selon moi, ce qui permet de passer d’un système clos à un système authentiquement ouvert et c’est, on le notera, ce qui permet de développer des concepts d’inobservables, dont on remarquera qu’ils sont fortement impliqués dans la CCN. Enfin, pour boucler la boucle, on notera que les explications sous-jacentes à la CCA utilisent fréquemment la CCN.
Conclusion
J’ai essayé de montrer que la cognition causale, bien que en partie commune aux animaux humains et non-humains par la base associative de la CCA, ne peut néanmoins pas être réduite à un simple processus associatif chez les humains, parce qu’elle implique un besoin d’explication qui ne se retrouve pas chez les animaux non-humains. Cette différence majeure entre la cognition causale humaine et non-humaine a été expliquée par l’hypothèse de l’inobservabilité. J’ai essayé dans la dernière partie de l’article d’esquisser une analyse de la façon et des raisons pour lesquelles la capacité humaine à conceptualiser les inobservables est intimement liée à la capacité humaine pour le langage.
Bibliographie
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Prospective, predictive, retrospective, diagnosis
(0 réponses)
John Watson, 16 mars 2005 18:26 UT
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A 2nd reply to W. Freeman query on predictive vs. diagnostic
(0 réponses)
Anne Reboul, 9 mars 2005 9:19 UT
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A 1rst reply to W. Freeman query on predictive vs diagnostic reasoning
(0 réponses)
Anne Reboul, 9 mars 2005 9:18 UT
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Is language the prerequisite for NCK?
(1 réponse)
Giyoo Hatano & Kayoko Inagaki, 8 mars 2005 11:12 UT
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Intentionality in Causal Cognition
(1 réponse)
Walter Freeman, 4 mars 2005 17:58 UT
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the linguistic properties of explanations
(1 réponse)
Jacques Moeschler, 3 mars 2005 11:01 UT
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The Difference is Better Software 
Eric Baum
2 mars 2005 15:52 UT
When my dog discovered in a neighbor's yard the idea of digging under fences, he instantly applied this in my yard and began to form plans such as: whining to be let out, so that he could beeline to the back of the yard (not visible from where he whined) and probe for a weak point, so that he could escape, presumably in search of some unseen goal.
When Heinrich's ravens discovered, after hours, that they could ratchet up a rope attached to their perch to pull up suspended meat, they understood that if startled they should drop the meat, or they would be jerked back at the end of the rope; and I'll bet they would have applied this reasoning to a different desirable object suspended from a different kind of rope in a different cage.
Since Turing we know that the brain processes involved in thinking are equivalent to computations, and it is helpful to understand them in these terms and ask what the computations look like, and how they arise. Presumably, a concept like digging under a fence, or theory of mind, is representable by computer code. Most likely this code is modular, with modules calling other modules in complex ways. A new concept represents a new module added to the code, or at least some alteration of it. Complexity theory and experience tells us that finding meaningful and useful code is a hard problem, requiring extensive computation and search. It is inconceivable that human mental abilities sprung from thin air, rather they must have been built on a program already present in animals.
In What is Thought? (MIT Press, 2004) I proposed a theory of how such a program evolved and acquired meaning through a generalized version of the formal Occam's razor much studied in the computational learning theory literature over the last 20 years. Much of the code at the level of animal intelligence is in this view essentially programmed into the genome (more precisely, the genome encodes algorithms that interact with sensory data to reliably build executable brain structures encoding meaningful computational modules). The Occam hypothesis holds that such modules arise and acquire meaning in a sufficiently compact program that solves sufficient number of problems presented by the world. Such program can only be so compact and so powerful through code reuse, being composed of modules that exploit underlying structure in the world and recombine in multiple ways to solve new problems presented by the world (old ideas apply to a new fence).
It is then natural to understand words as labels for computational modules. Metaphor then indicates code reuse. Linguistic expressions then allow humans to communicate programs, (more precisely to guide the listener to construct a program).
One can now explain the difference between human and animal reasoning solely through language as a communicative medium. Recall, discovery of meaningful modules is a hard computational problem, involving extensive search. Animals can more or less only engage in discovery of new programs through a single lifetime. Humankind, through our ability to guide listeners to construct programs, has discovered over generations more powerful programming superstructure built on top of the concepts coded in the genome.
This theory is consistent with all data of which I'm aware. For example, data indicate that human theory of mind could be so constructed on top of computational modules present in plovers and apes, a more powerful program perfected over generations and communicated to children through bedtime stories and books.
Eric Baum http://www.whatisthought.com
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3 réponses à The Difference is Better Software:
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A final reiteration
Anne Reboul, 7 mars 2005 9:23 UT
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reply to Anne Reboul's reply
Eric Baum, 3 mars 2005 16:34 UT
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Reply to Eric Baum: the question is where the better software came from
Anne Reboul
2 mars 2005 17:33 UT
I'm not quite sure what Eric's objections are, but I'll do my best to try and answer them nonetheless. I think that I can assure Eric that I agree that thinking is a matter of computation. Where I think we disagree is that he sees (much as Robert Karl Stonjek) the cognitive import of language as being communicational, whereas I see it as being not only communicational. Strictly speaking, however, I think that there could be a meeting ground. I am not claiming in this paper that one has to actually talk to be able of causal reasoning (if anything the short part of the paper which discusses Varley's work should have made this clear). My claim is that there is something in common between the abilities for language (at least some of them) and the abilities for causal reasoning in human beings. This common feature may be the one that is exemplified in human language by displacement and in causal reasoning by reliance on unobservables. By the way, this is where Eric's analogy between digging under a fence and theory of mind breaks down: first of all, though there may be A concept of digging under a fence, I very much doubt that ToM can be seen as involving A concept; what is more, digging under a fence is clearly a concept for an observable, while theory of mind clearly involves concepts for unobservables (e.g., belief). Finally, this does not mean that I think that the use of language to communicate causal or noncausal knowledge is trivial. Clearly, it has played a major role in a major cognitive endeavor, i.e., scientific research, since antiquity. But that does not mean that the cognitive import of language is limited to communicating knowledge: it could also be useful to build knowledge. There is certainly nothing contradictory about defending both claims at the same time. Similarly, saying that language evolved for cognitive rather than communicative reasons in no way contradicts the fact that it is used to communicate.
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Perceiving cause-effect relations in apes
(1 réponse)
Josep Call, 2 mars 2005 12:04 UT
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Naming, Predicting and Diagnosing, Computing, and Transporting
(2 réponses)
Robert Stonjek, 28 févr. 2005 21:32 UT
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