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L'ontologie du faux
Roger Pouivet


 Modérateurs : Anouk Barberousse, John Zeimbekis, Gloria Origgi, Nicolas Bullot
 

Dans le chapitre III de Langages de l’art, Goodman introduit une distinction fondamentale entre arts « autographiques » et arts « allographiques ». On désigne « une œuvre comme autographique si et seulement si la distinction entre l’original et la contrefaçon a un sens ; ou mieux, si même sa plus exacte reproduction n’a pas, de ce fait, statut d’authenticité » (tr. fr. 1990, p. 147). À la différence de la peinture, la musique est allographique. Donc, un faux musical est une impossibilité ontologique.

Quelqu’un peut bien sûr recopier une partition de Bach et la présenter comme sienne, mais il obtient exactement la même partition, celle de Bach, pas la sienne. S’il prétend avoir trouvé un manuscrit de Bach, qu’il a lui-même rédigé, nous revenons au cas des arts autographiques. Il n’a pas contrefait une œuvre musicale, ni même un texte musical. Il présente comme étant de la main de Bach ce qui est de la sienne, exactement comme on le ferait d’un faux Rembrandt lors d’une vente chez Sotheby. S’il publie une photographie de ce manuscrit (prétendument de Bach) dans le Journal of the American Musicological Society, ce sera plus efficace. Mais ce serait une erreur de croire qu’un cas de ce genre est un contre-exemple à la thèse de Goodman qu’il n’existe pas de faux en musique. Car un tel faux est autographique et pas allographique.

Une exécution musicale peut être préférable à une autre parce qu’elle exemplifie certaines des propriétés intentionnelles de l’œuvre que l’autre échoue à manifester. Mais l’identité d’une œuvre n’est pas menacée par une interprétation dont les attendus musico-historiques ne sont pas satisfaisants ni même corrects. C’est même seulement sur la base du respect de l’identité notationnelle de l’œuvre qu’une interprétation est critiquée pour ne pas respecter la « vérité » de l’œuvre. On peut distinguer une identité étroite, indépendante de l’interprétation et une identité épaisse, qui en dépend. L’identité étroite d’une œuvre musicale ne dépend pas de l’exemplification de ses propriétés intentionnelles. Jouer l’Art de la fugue sur un piano Steinway est contestable, mais c’est bien l’œuvre de Bach qui est jouée.

Dès lors, la question du faux en art ne se pose que pour les œuvres autographiques.

La distinction goodmanienne entre autographique et allographique porte non pas seulement sur les arts, mais sur les choses en général. Dans un cas leur identité est historique, dans l’autre notationnelle. Qu’il s’agisse d’œuvres d’art : tableaux, œuvres musicales, estampes, romans, etc., d’un enregistrement de Thelonious Monk ou de Madonna, de billets de banque, de signatures, de passeports, de polos Lacoste, de montres Cartier ou de bien d’autres choses, la théorie proposée par Goodman peut s’appliquer. Elle n’est pas propre à la philosophie de l’art. L’identité des choses suppose que nous sachions ré-identifier la même chose, quelle qu’elle soit.

La distinction goodmanienne relève d’une théorie unifiée de l’identité, précise et cohérente, mais son grain est trop gros pour ne pas se heurter à des cas difficiles dont les critiques ont fait leurs choux gras. Pour éviter ces difficultés, on peut être tenté de recourir à autant de conceptions de l’authenticité que de domaines où le problème se pose. On aurait ainsi une conception propre aux œuvres d’art, voire aux œuvres de certains arts, et pourquoi pas à certaines œuvres d’art de certaines périodes. Certains efforts en ce sens, qui donc ne prennent pas la forme d’une théorie unifiée, sont fort intéressants, tout particulièrement ceux de Stephen Davies dans son ouvrage de 2001 : Musical Works and Performances. Cette approche conduit à une critique de la distinction goodmanienne entre autographique et allographique, parce que l’intention de Goodman est bien plus générale que de faire une description de nos pratiques différenciées et complexes d’authentification des œuvres d’art. Dans ces pratiques, nous adaptons les critères d’authenticité aux types d’arts, aux types d’œuvres, aux genres, aux époques, etc., par un procédé qui ne déplairait pas à Goodman, celui de l’équilibre réfléchi. Nous changeons la règle quand elle aboutit à un résultat qui nous semble intenable et nous modifions nos habitudes quand nous pensons que la règle doit être respectée.

À la différence d’une description ontologique de nos pratiques de classification des œuvres d’art, une ontologie du faux résulte de conceptions métaphysiques préalables. Ces conceptions sont obtenues en répondant à la question de savoir si la notion métaphysique de base est celle de substance, de parties et de tout, de trope, d’événement, etc. Si, par exemple, on adopte une conception de l’œuvre d’art comme types d’action (Currie, 1989) ou comme activité identifiée par sa provenance (ce que D. Davies, 2004 appelle une « performance »), l’ontologie du faux qui s’ensuit sera différente de celle d’une partisan d’une métaphysique substantialiste. Il est vrai que les présupposés ontologiques fondamentaux en ontologie de l’art, et en ontologie du faux en particulier, sont rarement explicités pour eux-mêmes. Les auteurs font souvent comme s’ils traitaient d’une question de philosophie de l’art, alors qu’ils prennent en réalité position dans un débat plus large au sujet de ce qui existe en général. Ils donnent l’impression de faire une description ontologique de nos pratiques artistiques et proposent, parfois en contrebande, une ontologie générale.

La suite de ce texte donne quelques éléments d’une ontologie du faux dont les attendus appartiennent à une métaphysique qui traite les œuvres d’art comme des particuliers concrets artefactuels (substances artificielles) possédant des propriétés. Les éléments de base de cette conception empruntent beaucoup à la tradition thomistico-artistotélicienne. Premièrement, cette option est retenue sans critique des conceptions différentes, comme celle d’une métaphysique de types d’évènements, par exemple. Deuxièmement, cette option retient la distinction goodmanienne entre autographique et allographique (Pouivet, 1996, chap. V), c’est-à-dire entre des entités dont l’identité est historique et d’autres dont l’identité est notationnelle. Cependant, il serait possible de l’aménager selon le principe de l’équilibre réfléchi afin de ne pas aboutir à des difficultés signalées par les critiques de Goodman.

Un faux possède une certaine propriété, celle d’être faux. Pour savoir ce qui, pour un tableau, un passeport ou un billet de banque, consiste d’être un faux, il est d’abord nécessaire de savoir ce en quoi consiste cette propriété.

(a) Est-ce une propriété essentielle, c’est-à-dire une propriété qui en fait la chose qu’elle est ? Il semble étrange de penser que tous les faux, quels qu’ils soient, possèdent une propriété générique : la fausseté. Car un faux Vermeer est, par exemple, un authentique Van Meegeren.

Cette affirmation pourrait être contestée. Il existe une différence entre la ré-attribution d’un tableau de Piero della Francesca à Luca Signorelli et celle d’un tableau de Vermeer à Van Meegeren . Dans le premier cas, le tableau a été faussement attribué ; dans le second le tableau est un faux. Le faussaire démasqué, le tableau reste un faux. (On n’admire pas le tableau comme un excellent Van Meegeren, mais toujours comme un faux Vermeer.) Mais, cette situation concerne en fait fort peu d’œuvres. Dans la plupart des cas, on va d’attribution en ré-attribution, et non d’attribution dénoncée en destitution de toute valeur d’authenticité correcte. Cependant, un faux Vermeer par Van Meegeren reste un faux parce qu’il exemplifie ce que nous entendons par la contrefaçon en matière de peinture, et non parce qu’il possèderait une propriété essentielle qui en fait un faux en soi.

On pourrait objecter encore qu’un faux passeport belge ou un faux billet de banque polonais n’est pas du tout un authentique passeport suédois ou un vrai billet de banque moldave. La raison n’est pas qu’ils instancient la fausseté, mais qu’ils n’ont pas été émis par l’institution habilitée à le faire.

Ainsi, la fausseté ne peut pas être une propriété essentielle parce qu’un tableau, un passeport ou un billet de banque ne sont vrais ou faux qu’en fonction d’une attribution correcte ou erronée. Si l’on attribue un tableau de Van Meegeren à Vermeer, à vrai dire, le tableau n’est pas faux en lui-même, mais sous une description de ce tableau comme œuvre de Vermeer. Un passeport ou un billet de banque est faux sous une description de ce passeport ou de ce billet de banque comme émis par une institution qui, en réalité, ne l’a pas émis. C’est pourquoi les billets de banque du Monopoly ne sont pas faux, car personne ne croit qu’ils ont été émis par un État. (Mais il pourrait exister de faux billets de Monopoly qui se trouveraient être d’authentiques billets de banque !)

Rien n’est un faux, comme quelque chose peut être un homme ou une tulipe. Sous une certaine description attributive, certaines choses sont fausses, c’est-à-dire ne sont pas attribuables à la personne ou l’institution dont on prétend qu’elles les ont faites ou émises.

(b) Si une chose n’est un faux que sous une attribution, la fausseté n’est pas une propriété intrinsèque, c’est-à-dire une propriété qu’une chose peut avoir indépendamment de tout autre chose (la forme ou la matière d’une chose est intrinsèque). Pour une clef, la propriété d’ouvrir une certaine porte ou, plus précisément, toute porte sur laquelle est montée une serrure avec les mêmes barillets, n’est pas une propriété intrinsèque, mais extrinsèque ; elle dépend de l’existence de cette serrure. « Si la serrure était changée, la clef perdrait ce que les amis des qualités occultes appelleraient sa “vertu apéritive” vis-à-vis de cette porte sans perdre aucune propriété intrinsèque », dit Frédéric Ferro (2002, p. 531). De même un tableau n’est pas intrinsèquement faux ; il ne l’est que sous une description abusive, c’est-à-dire s’il existe autre chose, une personne, pour en dire quelque chose de faux. Si l’attribution était modifiée et correcte, à l’égard de ceux qui croyaient l’attribution initiale, le tableau ne perdrait aucune propriété intrinsèque.

(c) La fausseté n’est pas non plus une propriété relative. Une propriété est relative s’il suffit que quelqu’un l’attribue à une chose pour qu’elle la possède. On peut aussi parler de propriété exclusivement phénoménale ou projective – ce qu’on appelait autrefois des associations d’idées, c’est-à-dire une perspective sur quelque chose, accessible seulement d’un point de vue. (Par exemple, la propriété d’évoquer quelque chose : « Ce petit chemin me fait penser à mon enfance »). Même s’ils ne le sont pas intrinsèquement authentiques ou faux, l’authenticité ou la fausseté des tableaux, des passeports ou des signatures n’est pas une propriété relative.

(d) La fausseté est une propriété extrinsèque. Elle suppose une attribution, c’est-à-dire un énoncé déclarant que la chose est l’œuvre de y. Cela vaut aussi pour un passeport ou un billet de banque. Quand on tend l’un à un policier ou l’autre à un commerçant, on dit implicitement que ce passeport a été attribué par l’autorité compétente, que ce billet de banque a été fait par une institution possédant le droit de battre monnaie.

Une chose est authentique ou fausse non pas parce qu’elle possède une propriété essentielle (la fausseté de tous les faux) ou une propriété intrinsèque (qu’elle possède indépendamment de toute attribution), mais en fonction d’un énoncé attributif, vrai ou faux, disant que cette chose est l’œuvre de y (personne, autorité, institution).

Mais n’est-ce pas en examinant la chose elle-même qu’il est possible de déterminer si c’est un faux ? L’expert examine le tableau pour y déceler des indices de sa fausseté, le policier examine le passeport et le commerçant le billet de banque. Cela ne signifie-t-il pas que ce sont des propriétés intrinsèques qui font l’authenticité et leur absence ou au moins une différence interne qui fait la fausseté ? Si x est un faux, il existe une propriété P qu’il ne possède pas et qu’il devrait posséder ou il existe une propriété P* qu’il ne devrait pas posséder et qu’il possède. Les faussaires cachent ces propriétés que les experts (parfois) découvrent.

Pourtant, ce qui fait d’une chose un faux n’est pas cette propriété P ou cette propriété P*. Il ne suffit pas que quelqu’un fasse une copie d’un tableau (une reproduction) ou photocopie des billets de banque (par exemple, afin d’apprendre à des enfants à utiliser des billets de banque) pour qu’il s’agisse de faux. Si deux tableaux, l’un authentique, l’autre une copie, sont impossibles à distinguer, il reste une propriété extrinsèque qui fait de l’un l’original et l’autre la reproduction (voir Pouivet, 2000, chap. VIII).

Un tableau du Lorrain devient un tableau de La Tour sans aucune modification de ses propriétés intrinsèques, du seul fait d’une nouvelle attribution. L’examen minutieux d’un objet dont l’authenticité est douteuse se fait relativement à un énoncé d’attribution dont il s’agit d’examiner la vérité. C’est un énoncé conditionnel du type « Si x est l’œuvre de y, alors x doit posséder la propriété P et ne peut pas avoir la propriété P* ». Par exemple, x doit être composé de certains composés chimiques, être d’une certaine couleur, et ne peut pas en posséder d’autres ou en avoir d’autres. Ainsi, pour que nous puissions nous prononcer sur l’authenticité de x, l’examen de ses propriétés intrinsèques reste lié à un énoncé d’attribution disant quel est l’auteur de la chose. C’est pourquoi l’authenticité est une propriété extrinsèque, même si un jugement informé en matière d’authenticité et de fausseté passe par l’examen de ses propriétés intrinsèques.

L’authenticité est une affaire d’identité. L’identité est relative, au sens où x n’est pas en soi authentique ou faux, mais il est un authentique ou un faux y. Quand nous disons qu’un tableau, un passeport ou un billet de banque est faux, nous affirmons que, malgré les apparences, il n’est pas de la même sorte qu’une autre chose, z, qui est vraiment l’œuvre de y. L’authenticité est affaire de catégories sortales : une catégorie est sortale si elle nous fournit des conditions d’identités pour distinguer et compter ses membres. Toutes les choses qui sont attribuées à y forment une classe. Dire que x est faux revient à affirmer qu’il n’appartient pas à une certaine classe d’objets sous une certaine description.

Cela signifie que les propriétés qui permettent de fixer l’authenticité d’un objet ne forment pas une essence individuelle. Voici une définition de l’essence individuelle :Eest une essence individuelle si, par définition, il existe un x qui exemplifie nécessairement E et il n’existe pas d’y, différent d’x, qui exemplifie E.

Cependant, nous pouvons être réticent à l’idée que les propriétés fixant l’authenticité ou la fausseté d’une chose sont sortales et non pas individuelles. Un objet n’est-il pas l’œuvre de y indépendamment de son attribution correcte ou incorrecte (mensongère) à y ? Dès lors, quelque chose est bien cet objet parce qu’il possède une essence individuelle qui en fait cet objet-là, et cela indépendamment de toute attribution.

Pourtant, à supposer que ce soit le cas, il ne faut pas confondre d’une part ce qui fait d’un objet cet objet-là, différent de tout autre, et d’autre part son authenticité ou sa fausseté. Dire qu’une chose est fausse ne dit rien sur ce qu’elle est, mais revient à refuser de la tenir pour un élément de la classe des choses qu’on peut attribuer à y. Ainsi, la propriété d’être authentique ou d’être faux n’individualise pas, mais spécifie. Elle dit que x possède une propriété commune à toutes les choses qu’on peut attribuer à y ou qu’elle ne possède pas cette propriété. Et cette propriété reste extrinsèque parce qu’elle suppose l’attribution.

Cependant, que la propriété d’être faux (comme d’être authentique) soit extrinsèque n’implique pas qu’elle ne puisse être nécessaire. Avoir un père (disons un géniteur) est une propriété extrinsèque que possèdent nécessairement bon nombre d’animaux. De même tout artefact, quel qu’il soit, possède nécessairement un producteur.

Mais l’attribution ne dit pas :

(x) (x est authentique) ®  ($ y) (y est le producteur de x)

(pour tout x, si x est authentique alors il existe nécessairement un y qui est le producteur de x)

mais

(2)  ((x) (x est authentique) ® ($ y) (y est le producteur de x))

(nécessairement, pour tout x, si x est authentique alors il existe un y qui est le producteur de x)

(1) attribue de re à x la propriété nécessaire d’être l’œuvre de y. (2) attribue de dicto à x la propriété de n’être authentique que sous l’attribution à y.

10. Tout l’intérêt du faussaire, celui qui fait sciemment une fausse attribution, qui ment donc, est de donner l’impression que l’authenticité est liée à l’essence individuelle de la chose. Son « flair » lui permettrait de déceler la présence de cette essence individuelle définie dans (EI). Il dit que, pour quelqu’un qui est doté de la réceptivité ou de la sensibilité appropriée, tel tableau manifeste cette essence individuelle. Dès lors, en appliquant (1), il en arrive au résultat que y est nécessairement le producteur de x. En revanche, dans (2), si y est l’auteur de x, alors personne d’autre ne peut l’être, mais on ne peut pas dire que x possède une propriété qui fait que personne d’autre n’aurait pu être l’auteur de x. Un Vermeer ne possède pas (une propriété) de veermérité. Dès lors, la seule justification possible de l’authenticité est l’enquête historique. Ce n’est pas une intuition merveilleuse grâce à laquelle des personnes inspirées saisissent l’essence individuelle d’un objet. C’est pourtant ce que le faussaire suggère pour couper court à l’enquête historique qui pourrait le démasquer.

Si quelque chose est un faux il possède une propriété temporelle (historique) qu’il ne devrait pas avoir et il ne possède pas une propriété temporelle (historique) qu’il devrait avoir.

11. Si les idées qui viennent d’être esquissées sont correctes, certaines conclusions peuvent être tirées. Premièrement, rien n’est authentique sinon sous une description attributive. Donc, l’authenticité est une propriété extrinsèque. Deuxièmement, une ontologie du faux pour laquelle l’authenticité d’un objet a partie liée avec son essence individuelle n’est pas pour déplaire au faussaire. Le faussaire est donc moins celui qui fait un faux que celui qui attribue à un objet la propriété de ne pouvoir être que de y, tout en sachant que ce n’est pas le cas. Pour le faussaire, la fiction métaphysique des essences individuelles accompagne fort bien son prétendu « flair artistique ». Troisièmement, la seule façon de déterminer l’authenticité d’une entité autographique est d’en faire l’histoire afin de s’assurer de la probabilité qu’il soit bien l’œuvre de celui auquel il est attribué (voir Pouivet, 1992)

Bibliographie :

Butt John, 2002 : Playing with History: The Historical Approach to Musical Performance, Cambridge, Cambridge UP.

Currie Gregory, 1989 : An Ontology of Art, Londres, MacMillan.

Davies David, 2004 : Art as Performance, Oxford, Blackwell.

Davies Stephen, 2001: Musical Works and Performances, Oxford, Oxford UP.

Ferro Frédéric, 2002 : “Pour introduire à l’intrinsèque”, Revue de Métaphysique et de Morale, oct-déc, n° 4.

Goodman Nelson,

- 1984, Faits, fictions et prédictions, tr. fr.

- 1990 : Langages de l’art, tr. fr. J. Morizot, Nîmes, J. Chambon

Pouivet Roger,

- 1992 : “Peut-on faire échec aux faussaires ?”, Les Cahiers du Musée National d’Art moderne, n°41.

- 1996 : Esthétique et logique, Liège, Mardaga.

- 2000 : L’Ontologie de l’œuvre d’art, Nîmes, J. Chambon.

- 2002a : “Review of S. Davies, Musical Works and Performances”, British Journal of Aesthetics, vol. 42, n° 3.

- 2002b : “Le statut ontologique des œuvres musicales”, Sats : Nordic Journal of Philosophy, Vol. 3, n°1.

- 2002c : “Manières d’être”, in V. Carraud & S. Chauvier (éds), Le réalisme des universaux, Presses Universitaires de Caen, Caen, 2002.

- 2004 : “Apologie du particulier”, in J.-M. Monnoyer, La structure du monde : objets, propriétés, états de choses, Paris, Vrin.

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fabrice bothereau, 13 oct. 2004 14:44 UT
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Jose Luis Guijarro, 13 oct. 2004 11:27 UT
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4 oct. 2004 16:42 UT

Je trouve les distinctions « ontologiques » de Roger Pouivet très intéressantes mais (malheureusement, il y a toujours un « mais » !) elles me posent au moins deux problèmes d’interprétation :

(1) S’agit-il vraiment des distinctions ontologiques ou ne serait-ce plutôt que des distinctions purement mentales sur des concepts symboliques (i.e, autographe, allographe, vrai, faux, etc.) acquis historiquement ?

(2) Comment une dissection structurée d’une construction symbolique, tout aussi détaillée que possible réussirait-elle à nous expliquer pourquoi à un moment donné on rejette comme non authentique un objet quelconque ? L’idée de la fausse attribution à Y fonctionne institutionnellement seulement (donc, est tout à fait liée à la culture). Ce que je voudrais comprendre est pourquoi, à quel moment et de quelle manière ces fausses attributions nous font perdre l’enthousiasme qu’une expérience esthétique nous cause.

Evidement, cela n’a pas été l’intention de l’auteur. Je crains d’être tombé dans le syndrome-des-membres-de-jurys-de-thèse qui voudraient que le candidat écrive la thèse qu’ils auraient voulu écrire eux mêmes !

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Jean-François Gauchotte, 4 oct. 2004 11:29 UT
 
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